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L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

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Le danger de l'abandon du Coran

Le danger de l'abandon du Coran

 

Ibn Qayyîm Al-Jawziyyah

 

 

Si le fait d'entretenir un bon rapport avec le Coran est l'un des moyens qui attirent l'amour d'Allah, le fait de l'abandonner et d'enfreindre les règles de bienséance dans son rapport avec lui attirent Son courroux.

 

Si certains vont être élevés les uns au-dessus des autres dans les degrés paradisiaques en fonction du bon rapport qu'ils entretiennent avec le Coran, d'autres seront au fin fond de l'abîme de l'Enfer à cause de leur abandon du Coran.

 

Le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- s'est plaint à son Seigneur de ceux qui ont abandonné le Coran comme le relate le verset suivant : « L’Envoyé a dit : « Ô mon Seigneur ! Mon peuple tient ce Coran pour chose à abandonner ! » »[1] Lorsqu'on récite le Coran devant eux, ils couvrent sa récitation de leurs clameurs et de leurs discussions afin de ne pas l'entendre, c'est là un des aspects de l'abandon du Coran. Comme autres formes d'abandon du Coran, il y a le fait de ne pas avoir foi en lui, le fait de ne pas le méditer ni de chercher à en comprendre le sens, le fait d'écouter à sa place des poèmes, des chants et de la musique et le fait de suivre une voie qui ne s'inspire pas de lui.[2] Or le croyant ne doit pas se permettre de tomber dans ces formes d'abandon.

 

Ibn Al-Qayyim -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « L'abandon du Coran peut être de différentes manières :

 

  •      En abandonnant son écoute, en manquant d'avoir foi en lui et en se désintéressant de lui.

 

  •      En abandonnant sa mise en pratique et en s'abstenant de se conformer à ce qu'il a rendu licite et à ce qu'il a rendu illicite - il s'agit là d'un abandon du Coran même si on continue de le réciter et d'avoir foi en lui-.

 

  •      En s'abstenant de le prendre pour juge et de s'en remettre à lui dans les fondements de la religion -al-usûl- et ses prescriptions pratiques -al-furû'-.

 

  •      En négligeant de méditer dessus et en ne faisant pas l'effort de le comprendre et de connaître ce que cherche à dire Celui qui l'a fait descendre.

 

En négligeant de se servir de lui comme remède pour guérir de toutes les maladies du coeur et ses maux.

 

Tout cela en effet entre dans Sa parole : « Seigneur, dit l’Envoyé, mon peuple a vraiment fait de ce Coran une chose abandonnée »[3]. »[4].

 

Mettre le Coran dans un endroit précis pour seulement tirer bénédiction de son existence est une forme nouvelle de l'abandon du Coran à notre époque. Ainsi, des exemplaires du Coran restent dans les armoires de la maison ou à l'avant de la voiture jusqu'à ce qu'ils soient entièrement couverts de poussière, ce qui prouve réellement qu'il est abandonné. Cela relève du manque de respect vis-à-vis du Livre d'Allah. Ibn Al-Jawzî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Celui qui a chez lui un exemplaire du Coran doit le lire quotidiennement, ne serai-ce que quelques versets, pour éviter d'être compté parmi ceux qui l'ont tenu pour chose à abandonner »[5].

 

En plus de ce remède contre l'abandon du Coran qu'Ibn Al ­Jawzî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a prescrit dans cet ouvrage, il a montré dans un autre endroit de ce même ouvrage le remède contre des choses qui entraînent l'abandon de la compréhension et de la méditation du Coran ; il a dit : « Celui qui récite doit se débarrasser de ce qui empêche la compréhension, comme quand satan lui fait imaginer qu'il n'a pas respecté les règles de ses nuances phonétiques, ce qui le pousse à répéter plusieurs fois le même mot et détourne son attention de la compréhension du sens. [Comme autre empêchement de la compréhension], il y a le fait de persister dans le péché ou d'avoir un comportement hautain ou de suivre aveuglément ses passions, car cela rend le coeur obscur comme la rouille qui envahit le miroir, il empêche la manifestation de la Vérité. En effet, le coeur est comme un miroir, les passions comme la rouille et les enseignements du Coran comme les images qui se voient à travers le miroir, or initier son coeur à repousser les passions c'est comme rendre sa clarté au miroir »[6].

 

Quant à ceux qui entretiennent un bon rapport avec le Coran, ils se répartissent sur différents niveaux de mérite selon ce qu'Allah leur a accordé comme bonne volonté et haute portée d'esprit. Les pieux prédécesseurs revivifiaient leurs cœurs par le Livre d'Allah, aussi bien le jour que la nuit. Ils veillaient toujours à ce que leurs cœurs restent vivants, frais et éveillés en les nourrissant continuellement de nouvelles vertus inspirées du Coran.

 

Ibn Al-Jawzî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Concernant le temps qu'ils mettaient à lire le Coran en entier, les pieux prédécesseurs ne procédaient pas de la même manière, il y a ceux qui le lisaient en entier une fois toutes les vingt-quatre heures, ceux qui le lisaient même plusieurs fois par jour, ceux qui le lisaient tous les trois jours, ceux qui le lisaient toutes les semaines, d'autres le lisaient tous les mois parce qu'ils prenaient le temps de le méditer et parce qu'ils avaient d'autres occupations comme la propagation du savoir religieux, son apprentissage, l'accomplissement d'autres actes adorations, la recherche des moyens de subsistance, etc. »

 

Il a dit ensuite -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- : « L'essentiel est que l'homme ne doit pas consacrer son temps à la lecture au point de négliger ses autres devoirs et occupations et au point de fatiguer son corps. Il ne doit pas non plus accélérer la récitation au point d'enfreindre les règles de la psalmodie et ne pouvoir suivre les significations des mots »[7].

 

La majorité des Gens du savoir soutient que la récitation du Coran de manière parfaite en essayant d'en comprendre le sens, est meilleure qu'une récitation abondante sans réflexion sur le texte. L'interprète par excellence du Coran, Ibn 'Abbâs -qu’Allâh l’agrée- a dit : « Je préfère lire en psalmodiant soigneusement la sourate « La génisse » et la sourate « La Famille de 'Imran » et les méditer que de lire avec une grande rapidité le Coran en entier ».

 

L'imâm Az-Zarkashî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Certains savants ont jugé qu'il est réprouvé de lire le Coran en entier en moins de trois jours. Ils ont argué pour cela du hadith suivant : « Ne peut comprendre le sens des versets du Coran celui qui le récite en moins de trois jours »[8].

 

Le plus pertinent -et ce que soutient la majorité des vérificateurs des doctrines et des traditions -al-muhaqqiqûn-- est que cela dépend de l'état de vigueur de l'individu et de sa concentration, car on rapporte que 'Uthmân lisait avec méditation le Coran en entier en une nuit. Il est toutefois réprouvé de faire plus de quarante jours pour le terminer »[9].

  

  

 Si l'homme ne peut pas lire le Coran en entier une fois par mois à cause de ses occupations nombreuses ou de situations contraignantes, il doit au moins le lire une fois tous les six mois, c'est à dire deux fois par an, comme le rapporte Az-Zarkashî de l'imâm Abu-l-Layth -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-, celui-ci a dit : « Il convient de lire le Coran en entier deux fois par an si on est incapable de faire plus. Al-Hasan b. Ziyâd rapporte qu'Abû Hanîfa a dit : « Celui qui lit le Coran en entier deux fois par an s'est bel et bien acquitté de son droit, car le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-  l'a récité à l'Ange Jibril deux fois au cours de l'année pendant laquelle il est mort »[10].

 

Je clôture l'explication de ce moyen d'accès à l'amour d'Allah par un avertissement important : tout ce qui a été dit à propos de la récitation du Coran à l'attention de celui qui récite concerne également l'écoute du Coran à l'attention de celui qui ne sait pas lire, car Allah a promis de faire miséricorde à quiconque écoute attentivement et sereinement le Coran, Il dit - exalté soit-Il- : « Lorsqu'est récité le Coran, écoutez-le et observez le silence afin qu'il vous soit fait miséricorde »[11], c'est-à-dire : « tendez l'oreille pour l'écouter attentivement afin de comprendre le sens de ses versets et de méditer ses exhortations et observez le silence jusqu'à la fin de la récitation en signe de vénération et de respect pour lui, en vue de jouir de la miséricorde divine qui en est le plus grand fruit »[12].


La miséricorde est certes le plus grand bienfait du Coran. A l' intérieur de cette miséricorde, il y a plusieurs formes de miséricorde et à côté de ce fruit, il y a d'autres fruits que cite Ibn Al-Qayyim -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- en soulignant que « Les gens qui méritent de les obtenir sont ceux qui préfèrent l'écoute du Coran à l'écoute des flûtes de satan, l'écoute des versets à l'écoute des vers, l'écoute de la parole du Seigneur de la terre et du ciel à l'écoute des littéraires et des poètes. Celui qui a choisi ce type de samâ' 83 ne manquera jamais d' inspiration qui l'orientera vers un argument, l'éclairera sur une leçon [qui doit être tirée d'un passage du Coran], lui facilitera la mémorisation d'une connaissance, lui fera méditer un verset, le guidera vers une vérité, lui montrera comment réfuter une hérésie -dalâla-, lui fera éviter un égarement, le rendra clairvoyant sur une question qui lui échappait, lui indiquera ce qui est bien pour lui pour qu'il le fasse et ce qui lui est nuisible pour qu'il l'évite, le guidera vers un éclair de clairvoyance, le sortira d'une voie obscure, le dissuadera de suivre une passion, l'incitera à faire un acte pieux, lui ouvrira davantage l'esprit, revivifiera son coeur, lui apportera réconfort, remède, guérison, protection et salut, lui permettra de dissiper une ambiguïté, de mettre en évidence une preuve, d'avérer le Vrai et de dissiper le Faux »[13].

  

L'homme peut jouir de toutes ces formes de miséricorde s'il se conforme à la recommandation suivante : « Celui auquel on récite le Coran doit se considérer comme quelqu'un qui l'entendait directement d'Allah et que c'est à lui qu'Il s’adressait »[14].

 

 

Source : Es-tu aimé par Allah ? Dix moyens d'accès à l'Amour d'Allâh.



[1] Coran, XXV, 30.

[2] Voir l'ouvrage d'exégèse d'Ibn Kathîr (3/306). Ed. Dâr Ash-Sha'b.

[3] Coran, XXV,  verset 30.

[4] « al-fawâ 'id », p. 82.

[5] « mukhtasaru minhâji-l-qâsidîn » p. 46.

[6] ibid, p. 45.

[7] ibid, p. 45.

[8] Hadith rapporté par Abû Dâwûd (n° 1394) (2/116), At-Tirmidhî (n°2950) (8/145), Ibn Mâja (n° 1347) (1/428). Il est qualifié d'authentique par Al-Albânî dans « sahîh Ibn Mâja » (n° 1107) (1/225).

[9] « al-burhânu fi 'ulûmi-l-qur'ân » (1/471).

[10] « al-burhânu fi sulâmi-l-qur'ân » (1/471).

[11] Coran, VII, 204.

[12] L'ouvrage d'exégèse d'Al-Qâsimî « mahâsinu-t-ta 'wîl » Œuvre vérifiée par Mohammad Fu'âd Al-Bâqî (7/2933). Ed. Dâr Ihyâ' Al­-Kutub Al-'Arabiyya au Caire.
83
Note du traducteur : Le sens du mot samâ' dépend du contexte dans lequel on l'utilise. Dans le contexte sunnite, il désigne tout simplement le « fait d'entendre ou d'écouter », « audition ». Parfois, ce mot désigne la cérémonie soufie que certains ont appelée « concert spirituel » ou « audition mystique, musicale ». Cette deuxième forme de samâ' est blâmable, elle constitue une innovation en matière de religion -bid'a-. Il est question ici du samâ' coranique.

[13] « Les degrés des itinérants » d'Ibn Al-Qayyim. OEuvre commentée par Hâmid Al-Faqqî (1/485). Ed. As-Sunna Al-Mohammadiyya au Caire.

[14] « Les degrés des itinérants » d'Ibn Al-Qayyim. (1/504).

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