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L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

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Règles relatives à la récitation du Coran

Règles relatives à la récitation du Coran

 

Ibn Qayyîm Al-Jawziyyah


 

Dans son ouvrage « at-tibyân », l'imâm An-Nawawî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- en a cité quelques-unes dont nous résumons les plus importantes :

 

1-   Consacrer la récitation à Allah et sentir qu'on se livre à un entretien secret et pieux avec lui.

 

2-     Nettoyer la bouche à l'aide du siwâk ou de tout autre produit qui a la propriété de nettoyer la bouche.

 

3-  Le réciter en étant en état de pureté. Il est permis de le réciter après perte de l'état de pureté mineure[1] - il récite ce qu'il a appris par coeur sans toucher à un exemplaire du Coran- . La femme atteinte de métrorragie -istihâda- a également le droit de réciter le Coran durant la période où elle est jugée selon la religion en état de pureté.

 

4-   Il est interdit à toute personne en état de souillure majeure et à la femme qui a ses règles de réciter le Coran, que ce soit en totalité ou en partie, sauf si la partie qu'ils veulent réciter fait partie d'un dhikr canonique du matin ou du soir, ou de tout autre dhikr qui comporte quelques versets du Coran. Il leur est toutefois permis de réciter le Coran dans leur for intérieur sans prononcer les mots. Il leur est également permis de le lire avec les yeux sans le toucher.

 

5- La personne en état de janâba et la femme menstruée qui ne trouvent pas d'eau pour se purifier peuvent procéder au tayammum et il est permis après cette opération de réciter le Coran, de prier et de pratiquer d'autres actes adorations tant qu’ils n’ont pas perdu leur état de pureté et tant qu'ils n'ont pas trouvé d'eau.

 

6- Il est préférable que la récitation se fasse dans un endroit propre et de préférence à la mosquée, car cet endroit est non seulement propre mais il est aussi sacré, et si le fidèle considère son séjour dans la mosquée comme une retraite spirituelle, ce sera encore mieux.

 

7- Il est préférable que celui qui récite le Coran se mette en face de la qibla et s'assoit humblement et sereinement, la tête baissée. Il est toute fois permis de réciter le Coran debout ou allongé, sauf que la récompense n'est pas la même.

 

8- Il est préférable de faire l'isti'âdha avant de commencer la récitation. Les termes de l'isti'âdha, comme s'accordent à l'affirmer la majorité des savants, sont les suivants : « Je prends refuge en Allah contre satan le lapidé - a ‘oudhu bi l-Lâhi mina chaytani rajim ». Il convient aussi de dire régulièrement : « Au nom d'Allah le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux - Bismi l-Lâhi ar-Rahmâni ar-Rahîm » avant le début de chaque sourate sauf la sourate : « Le Repentir – at-Tawbâ »[2].

 

9- Lorsque le fidèle se met à réciter, il doit se concentrer sur ce qu'il récite et le méditer.

 

10- Celui qui récite le Coran se doit de raviver en lui le sentiment de la crainte d'Allah, conformément à ce qu'a dit le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- : « Récitez le Coran et pleurez, si vous n'arrivez pas à pleurer alors efforcez-vous de le faire »[3]. Pour y arriver, il doit méditer ce qu'il y a dans le Coran comme menaces, promesses, pactes et engagements et penser à sa négligence en tout cela. Si le chagrin et l'envie de pleurer n'atteignent pas son coeur, qu'il pleure alors la dureté de son coeur car c'est le plus grand malheur.

 

11- Il est préférable de réciter le Coran en respectant les règles de la psalmodie -at-tartîl-. Les savants s'accordent à dire qu'il est recommandé de psalmodier le Coran, conformément à ce qu'a dit le Très-Haut : « et psalmodie le Coran en articulant distinctement »62 et parce que le tartîl inspire plus du respect pour le Coran et a plus d'effet sur le coeur que la récitation simple et rapide.

 

12-  Il est préférable pour celui qui récite de demander à Allah de lui accorder quelque chose de Sa grâce lorsqu'il passe par un verset qui évoque la miséricorde. Il lui demande de le protéger contre le mal lorsqu'il passe par un verset qui parle de châtiment. Quand c'est un verset qui parle de la transcendance d'Allah, il L'exempte de tout ce qu'Il ne saurait être qualifié, en disant par exemple : « Gloire à Allah - -Subhâna l-Lâh- » ou « que Sa grandeur soit exaltée ! », etc.

 

13-  Le fidèle doit obligatoirement sanctifier scrupuleusement le Coran. Il doit éviter le rire, le verbiage, la dispute et toute frivolité lors de sa récitation, conformément à ce qu'a dit le Très-Haut : « Et si l'on vient à réciter le Coran [devant vous], écoutez-le en silence afin qu'il vous soit fait miséricorde »[4].

 

14-  Seule la récitation selon l'une des sept « lectures » rapportées par des chaînes multiples de garants est permise. Il est interdit de réciter selon une « lecture » peu connue.

 

15- Les savants préfèrent que la récitation se fasse selon l'ordre des sourates, que ce soit dans la prière ou en dehors de la prière, parce que c'est pour une raison sage qu'Allah a mis les sourates dans cet ordre.

 

16- En dehors de la prière, il est préférable de réciter la parole d'Allah en la lisant dans un exemplaire du Coran plutôt que de la réciter par coeur, car le fait de lire le Coran est un acte d'adoration recommandé. Il convient donc de réciter et de regarder les versets du Coran en même temps, sauf si le fidèle ressent plus d'humilité quand il récite par coeur.

 

17-I1 est recommandé d'organiser des séances de récitation et d'étude du Coran. L'Envoyé d'Allah -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- a en effet dit : « Chaque fois que des gens se rassemblent dans l'une des demeures d'Allah pour y réciter le Livre d'Allah et l'étudier ensemble, la sérénité descend sur eux, la miséricorde les envahit, les Anges les entourent et Allah les mentionne à ceux qui sont auprès de Lui »[5].

 

18- Il est recommandé de réciter le Coran à haute voix tant qu'on ne le fait pas par ostentation et qu'on ne perturbe pas ses voisins, car la récitation à voix audible éveille le coeur et concentre l'esprit sur ce qui est dit ; dans un hadith authentique, il y a ceci : « A rien Allah n'a prêté l'oreille comme Il l'a prêtée à un Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- à la voix belle entrain de psalmodier le Coran »[6].

 

19- Il est recommandé de rendre sa voix belle lors de la récitation du Coran, l'Envoyé d'Allah -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-  a dit : « Ornez le Coran de vos voix »[7].

 

20- II est recommandé de choisir quelqu'un qui a une belle voix pour réciter le Coran. Ainsi est-il écrit dans les deux sahîh-s, d’après Ibn Mas’ ûd -qu’Allâh l’agrée-, que le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-  dit à ce dernier : « « Récite-moi le Coran. »

 

« Tu me dis de réciter le Coran alors que c'est sur toi qu'on l'a fait descendre ? » demanda Ibn Mas’ ûd.

 

« Oui, j'aime l'entendre de quelqu'un d'autre ».

 

Je lui ai donc récité, rapporte Ibn Mas' ûd, la sourate « Les Femmes ». Arrivé au verset que voici : « Alors qu'en sera-t-il  lorsque Nous ferons venir un témoin de chaque communauté et que Nous te ferons venir comme témoin contre ces gens-là « de ta communauté »[8], il me dit : « Assez ! » et j'ai vu ses yeux déborder [de larmes]. » [9]

 

21- Certains savants considèrent qu'il est préférable d'inaugurer les séances de sciences religieuses par la récitation du Coran par quelqu'un qui a une belle voix.

 

22- Celui qui récite ne doit pas marquer un temps d'arrêt sur les signes qui indiquent le début d'un Juz'[10], d'un hizb ou du quart du hizb quand cet arrêt rend le sens de la phrase incomplet ou le perturbe.

 

23- II est réprouvé de réciter le Coran dans certaines positions de la prière comme l'inclination, la prosternation et quand on fait le tashahhud. En dehors de la sourate de l'Ouverture, il est réprouvé de réciter une sourate supplémentaire quand on prie derrière l'imam et qu'on entend ce qu'il récite. Il est également réprouvé de réciter le Coran quand on est dans un état de somnolence et quand on entend le prône de l'imam [dans la mosquée ou dans un lieu de prière].

 

24-Il n'est pas permis de réserver la récitation de certaines sourates à des occasions bien déterminées s'il n'y a pas dans la Sunna de hadith authentique qui le prouve, comme le fait de réciter dans la prière de l'aube du vendredi des sourates où il est recommandé de se prosterner, à l'exception de la sourate « La prosternation », ou le fait de réciter lors des prières dites tarâwîh la sourate « Le bétail » dans la dernière rak'a de la septième nuit du mois de ramadan en croyant que c'est un acte recommandé par la religion.

 

25- Quand le fidèle est entrain de réciter et que quelqu'un lui adresse une salutation, il doit arrêter la récitation et répondre à sa salutation. Si en dehors de la prière, son voisin éternue et dit : « Louange à Allah - Al-Hamdu li l-Lâh» pendant qu'il récite, il doit interrompre la récitation et lui répondre : « Qu'Allah te fasse miséricorde ! Rahîmaka l-Lâh » S'il entend l'appel du muezzin, il doit aussi interrompre la récitation et répéter ce qu'il dit.

 

26- Lorsqu'on passe par un verset où il est recommandé de se prosterner, il est conforme à la Sunna -sans être obligatoire- de se prosterner.[11]

 

 

Source : Es-tu aimé par Allah ? Dix moyens d'accès à l'Amour d'Allâh.



[1] Note du traducteur : L'état d'impureté mineure est provoqué par un « hadath », c'est-à-dire, littéralement, un « accident », une « contingence », ce qui implique que quelque chose est sortie par l'une des voies naturelles entraînant la perte de pureté -tahâra-.

[2] Sourate 9.

[3] Hadith rapporté par Ibn Mâja (n° 1337) (1/424). Le shaykh Al-Albânî qualifie son autorité de faible dans son ouvrage « da’îf Ibn Mâja » (n° 281), p.99. Le hadith suivant suffit pour passer de lui : D'après Jâbir (radia Allahu ‘anh) le Prophète (sallallahu 3aleyhi wa salam) a dit : « La voix la plus belle dans la récitation du Coran est celle de celui qui lorsque vous l'entendez réciter, vous sentez qu'il craint Allah. ». Ce hadith est rapporté par Ibn Mâja (n° 1339) (1/425). Il est qualifié d'authentique par Al-Albânî dans « sahîh Ibn Mâja» (n° 1101) (1/2254).

[4] Coran, LXXIII, 4.

[5] Hadith rapporté par Abû Dawûd (n° 1455) (2/148). Al-Albani le qualifie d'authentique : voir « sahîh sunan Abû Dawûd » (n° 1291) (1/272). Il est également rapporté par At-Tirmidhî (n° 2946) (8/142), Ibn Maja (n° 225) (1/82) et Ahmad dans son musnad (2/252) (n° 407).

[6] Hadith rapporté par Al-Bukharî (n° 7544) -«fath al-bârî » (3/527)-.

[7] Hadith rapporté par Al-Bukharî sans chaîne de rapporteurs -ta'lîqan‑
*.
Voir «fath al-bârî » (13/527). Il est également rapporté par Abû Dawûd (n° 1468) (2/155), An-Nasa'î (n° 1342). Il est qualifié d'authentique par Al-Albânî dans « sahîh Ibn Maja » (n° 1103) et « sahîh al jâmi' » (n° 3580).
* Note du traducteur : dans le sahîh d'Al-Bukharî, chaque sous‑chapitre dit bâb est précédée d'une tarjama. Ces tarjama-s orientent en quelque sorte l'interprétation des hadith-s placés sous le titre. Elles sont pour ainsi dire à géométrie variable. Elles peuvent être courtes ou longues. Dans ces tarjama-s, l'imam Al-Bukharî met parfois le contenu d'un hadith sans sa chaîne de rapporteurs. C'est ce qu'on appelle «hadith mu'allaq »

[8] Coran, IV, 41.

[9] Hadith rapporté par Al-Bukharî (n° 5055) -« fath al-bârî » (8/717)- et Muslim (n° 800) (1/5511).

[10] Note du traducteur : Le Coran est divisé en trente parties juz'-. Chaque partie -juz'- se compose de deux sous-parties appelées «hizb » Il y a donc soixante « hizb » dans le Coran.

[11] Note du traducteur : Il y a quatorze prosternations dans le Coran, dont deux dans la sourate « Le pèlerinage ».

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