Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

L’exégèse du Coran - Tafsîr al-Qurân

Le commentaire du Coran est ce qu’il y a de plus important pour avoir une bonne compréhension du Livre d’Allah ta‘ala. Ce blog vous propose la plus grande compilation en ligne des plus grand Moufasirin. Abonez-vous a notre Newsletter afin d’être tenue au courant des nouveautés. Baraka l-Lahou fikoum.


La récitation du Coran en méditant ses versets, en essayant de comprendre leurs sens et en cherchant à savoir ce qu'Allah vise par eux 2/2

La récitation du Coran en méditant ses versets, en essayant de comprendre leurs sens et en cherchant à savoir ce qu'Allah vise par eux

 

2/2


  Ibn Qayyîm Al-Jawziyyah

 

Ainsi le Coran s'élève avec celui qui le récite et met en œuvre les enseignements. Il est pour lui comme un ami intime, seule la satisfaction le rend satisfait, comme le montre avec des termes clairs le hadith selon lequel Burayda -qu’Allâh l’agrée- rapporte que l'Envoyé d'Allah -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- a dit : « Le Coran se rend chez son familier  lorsque  sa  tombe  s'ouvre  le  Jour  de  la résurrection. [Quand il sortira de sa tombe], son état sera comparable à celui d'un homme très épuisé. Le Coran lui dira : « Me connais-tu ? - Non, répondra-t-il. Je suis le Coran, ton compagnon.  A cause de moi tu as enduré la soif au milieu des journées chaudes et tu as veillé tes nuits, or chaque commerçant veille sur son commerce et je suis aujourd'hui celui qui veille sur ton commerce ». Ainsi il recevra un grand royaume par sa main droite et l'éternité par sa main gauche. On mettra sur sa tête une couronne qui le rendra vénérable et on vêtira son père et sa mère de deux parures d'une valeur que n'égalent pas les biens de ce monde. Ils diront : « Qu'avons-nous fait pour mériter ces parures ? » On leur répondra : « C'est grâce à votre fils qui avait appris le Coran ». Puis on lui dira : « Récite et monte les marches du Paradis tout en contemplant ses chambres ». Il ne cesse de monter tant qu'il continue de réciter, que ce soit rapidement ou lentement ».39

 

Il s’agit là de l’honneur accordé, dans l’au-delà, à celui qui a retenu le coran, mais il est honoré également dans ce monde comme le prouve le hadith suivant. Le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- a dit : « Honorer le musulman qui a des cheveux blancs, honorer l'homme qui a retenu le Coran sans y faire montre d'exagération ni de négligence et honorer le représentant de l'autorité juste relèvent de la vénération d'Allah le Très‑Haut »[1].

 

Avoir le Coran comme compagnon et bien entretenir cette relation est un honneur que n'égale aucun autre honneur. Celui qui porte en lui le Coran porte l'étendard de l'Islam, comme a dit Al-Fudayl Ibn ‘Iyyâd[2] -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- : « Celui qui porte en lui le Coran porte l'étendard de l'Islam. Il ne doit pas être comme celui qui, quand il voit les gens se livrer au verbiage, se joint à eux, qui quand il voit les nonchalants, les imite et qui quand il voit ceux qui se divertissent, les suit dans leur divertissement, et ce, par vénération d'Allah le Très-Haut »[3].

 

Celui-là mérite vraiment l'honneur de porter cet étendard qui est le plus noble des étendards. Le Très-Haut a dit : « Certes Nous vous avons révélé un Livre dans lequel réside votre dhikr ! Comprendrez-vous enfin ? »[4], Ibn ‘Abbas -qu’Allâh l’agrée- a expliqué le dhikr par l'honneur[5]. Il a également dit -exalté soit-Il- : « Ce Coran est un dhikr pour toi et ton peuple. Demain on vous demandera [si vous avez mis en pratique ses enseignements] »[6]. Cela veut dire : « C'est une source d'honneur pour toi et pour ton peuple s'il s'acquitte de son droit »[7]. Le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- a dit : « Par ce Livre Allah élève certaines personnes et en humilie d'autres »[8].

 

 

Le porteur de cet étendard d'honneur doit nécessairement mener une vie différente de celle des autres. Ibn Mas‘ûd -qu’Allâh l’agrée- a dit : « Celui qui porte en lui le Coran doit se distinguer par ses veillées en prière quand les gens dorment, par son jeûne quand les gens « desjeûnent » -muftirûn-[9], par sa tristesse quand les gens se réjouissent et par son humilité quand les gens se montrent orgueilleux »[10]. C'est là le prix à payer en échange de cet honneur.

 

En plus, celui qui porte en lui le Coran ne doit pas être excessivement content de lui-même, ni s'illusionner sur sa personne, ni s'enorgueillir de ce qu'Allah lui a accordé comme faveur devant les gens ; le Très-Haut a dit : « En vérité, la grâce est dans la main d'Allah, Il l'accorde à qui Il veut et Allah embrasse et connaît toute chose. Il favorise qui Il veut de Sa miséricorde et Allah détient une faveur immense »[11].

 

Ibn Al-Jawzî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Il ne doit pas reconnaître en lui-mêmeune quelconque force ou puissance ni se regarder avec l'œil de la satisfaction, car se voir imparfait et négligent rapproche d'Allah »[12].

 

Cependant, se sentir négligent n’empêche pas de raviver en soi le sentiment de jouir du bienfait d’Allah et d’en parler, car cela relève de la reconnaissance. En effet, celui qui porte en lui le Coran et le met en pratique jouit d’un bienfait que n’égale aucun bienfait. ‘Umar Ibn Al-Khattâb -qu’Allâh l’agrée- a dit : « Ô vos qui êtes versés dans les sciences du Coran al-qurra’- levez vos têtes, le chemin vous est désormais devenu clair, hâtez-vous donc vers la réalisation des œuvres pies et ne soyez pas un fardeau pour les gens. »[13].

 

Allah le Très-Haut a dit : « Dis : « Ceci (le Coran) provient de la grâce d'Allah et de Sa miséricorde ; voilà de quoi ils devraient se réjouir. C'est bien mieux que tout ce qu'ils amassent.» »[14] et Il a dit : « Et Nous révélons dans ce Coran ce qui constitue une guérison et une miséricorde pour les croyants »[15]. Celui à qui accorde de retenir le Coran et de le comprendre, c’est qu’il lui a accordé une grâce et une miséricorde immenses. 

 

Az-Zarkashî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Sache qu'il faut considérer l'ampleur du bienfait qu'Allah a accordé à Son serviteur en lui apprenant la totalité du Coran sublime ou une partie, du fait qu'il est le plus grand miracle, qu'il demeurera tant que demeure l'appel à l'Islam et que celui à qui il a été révélé est le sceau des Prophètes et des Envoyés. Donc, le Coran sublime restera en vigueur en tant qu'argument à toute époque, parce c'est la parole du Seigneur des mondes et Son plus noble Livre. Que celui qui porte en lui le Coran se rende compte qu'Allah lui a prodigué une grâce immense et qu'il prenne conscience, quand il s'apprête à accomplir une œuvre, que le Coran est soit un argument en sa faveur soit contre lui »[16].

 

Ceux qui jouissent du privilège de porter en eux le Coran se doivent de profiter parfaitement de ce bienfait et de s'en servir pour raviver leurs cœurs en concentrant au fond de leurs âmes toutes les vertus qui permettent cela.

 

Peut-être te demanderas-tu, cher lecteur, quels sont les meilleurs moyens qui permettent de bien profiter du Coran. La réponse réside dans une règle sublime qu'Ibn Al-Qayyim -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a mise à la tête des leçons utiles qu'il a citées dans son ouvrage « al fawâ'id », il a dit : « Si tu veux profiter parfaitement du Coran, alors concentre ton coeur sur [les versets] que tu récites ou que tu écoutes, prête ton oreille à ceux-ci et fait acte de présence en te mettant dans la peau de celui à qui Allah -exalté soit-Il- s'est directement adressé, car c'est un discours émanant de Lui -exalté soit-Il- et adressé à toi par la langue de Son Envoyé -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-. Le Très-Haut a dit : « En quoi réside un rappel pour quiconque possède un coeur, tend 1'« écoute » et qui est témoin »[17]. Du fait que l'effet parfait dépend d'un agent efficace, d'un endroit réceptif, de l'existence de la condition, de la réalisation de l'effet et de l'inexistence de tout empêchement, ce verset englobe l'explication de tout cela par des termes brefs, clairs et explicites :

 

*       La parole du Très-Haut : « En quoi réside un rappel » renvoie à ce qui a été dit du début de la sourate jusqu'ici et qui constitue l'agent efficace.

 

*       Sa parole : « pour quiconque possède un cœur » désigne l'endroit réceptif. Le coeur ici désigne le coeur vivant qui médite les signes et les paroles d'Allah, comme dans Sa parole : « Ce n'est qu'un Rappel, un Coran explicite, afin d'avertir celui qui est vivant »[18] -c'est-à-dire : « celui ayant un cœur vivant »-.

 

*     Sa parole : « tend l' « écoute » » signifie « dirige son ouïe et prête son organe d'audition à ce qui lui est dit ». Il s'agit dans ce passage de la condition qui permet à la parole d'avoir un impact sur le coeur.

 

*      Sa parole : « et qui est témoin » signifie « qui a un coeur présent » Ibn Qutayba a dit [à propos de ce dernier passage] : « qui entend réciter le Livre d'Allah en ayant le coeur concentré [sur ce qui se récite] et l'esprit éveillé, il n'est ni indifférent ni distrait ». Le dernier passage de ce verset fait allusion à l'empêchement. En effet, la distraction du coeur, son manque de concentration sur la parole récitée empêche celle-ci d'avoir un quelconque effet sur lui.

 

Donc en présence de l'agent qui est le Coran, de l'endroit réceptif qui est le coeur et de la condition qui est le fait de prêter l'oreille, et en absence de l'empêchement qui est la préoccupation du coeur par autre chose que le sens du discours coranique qui lui est adressé, l'effet bénéfique se réalise »[19].

 

Une fois que le serviteur a bien reçu la parole d'Allah et l'a bien comprise, il doit se préparer à la mettre en pratique et se soumettre à ce qu'elle comporte comme ordres, car la science appelle l'acte, si celui-ci répond favorablement, tant mieux, sinon cette science finit par disparaître. Ibn Al-Qayyim -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit dans son ouvrage « zâd al-ma'âd » : « Certains pieux prédécesseurs avaient dit : « Le Coran est descendu pour que ses enseignements soient traduits en actes, or on s'est contenté de faire de sa récitation une corvée ». C'est pourquoi ceux qui méritent d'être considérés comme les Gens du Coran sont ceux qui pénètrent son contenu de leur science et qui mettent en pratique ses enseignements même s'ils ne l'ont pas appris par coeur. Quant à celui qui l'a appris par coeur sans le comprendre et sans le mettre en pratique, il ne fait pas partie de ses Gens même s'il prononce parfaitement ses lettres »[20].

 

Empressons-nous donc de gagner l'amour d'Allah en apprenant Son Livre par coeur, en essayant de comprendre ses sens et en mettant en pratique ses enseignements. Pour cela je te conseille, cher frère, d'observer les règles relatives à la récitation du Coran.

 

 

 

Source : Es-tu aimé par Allah ? Dix moyens d'accès à l'Amour d'Allâh.

 



[1] Hadith rapporté par Abû Dâwûd (n° 4843) (5/174). Al­Albânî le qualifie d'authentique : voir « sahîh sunan Abû Dâwûd » (n° 4053) (3/918).

[2] Al-Fudayl Ibn 'Iyyâd est un adorateur, ascète et un grand savant. Il est né à Khurâsân et s'est installé à la Mecque. Il était brigand au début de sa jeunesse  mais il s'est repenti à cause d'un verset qu'il a entendu accidentellement, c'était la parole d'Allah : « Le moment n'est-il pas venu pour ceux qui ont la foi de laisser leurs coeurs se remplir d'humilité à l'évocation d'Allah et devant la Vérité qu'Il a révélée ? » [LVII, 16], question à laquelle il a répondu : « Si ». Il est mort en 187 de l'hégire. Voir « al-bidâya wa-n-nihâya » (10/206).

[3] « mukhtasaru minhâji l gâsidîn » p. 45. Œuvre résumée par le shaykh Ahmad b. 'Abd Ar-Rahman b. Qudâma Al-Maqdisî. Vérification faite par 'Abd Allah Al-Ansârî.

[4] Coran, XXI, 10.

[5] Voir l'ouvrage d'exégèse d'Ibn Kathîr (5/327). Ed. Dâr Ash-Shàb.

[6] Coran, XLIII, 44.

[7] «tafsîr al jalâlayn », p. 599. Ed. Dâr Ar-Rayyân au Caire.

[8] Hadith rapporté par Muslim (1/559) (n° 269).

[9] Note du traducteur : muftirûn est un nom pluriel, il vient du verbe aftara qui n'a pas ici le sens de rompre le jeûne mais plutôt le sens de ne pas jeûner, ne pas s'abstenir des choses dont il faut s'abstenir pour être en état de jeûne, c'est pourquoi nous l'avons orthographié à l'ancienne : « desjeûner ».

[10] «safwatu-s-safwa » d'Ibn Al-Jawzî (1./172).

[11] Coran, III, 73-74.

[12] «mukhtasar minhâj al-gâsidîn » p. 47

[13] « at-tibyân ,fi âdâbi hamalati-l-qur'ân » de l'imâm Muhyi-d-Dîn An- Nawawî, p. 28. Ed. Maktabat Al-Mariât- en Jordanie.

[14] Coran, X, 58.

[15] Coran, XVII, 82.

[16] «al-burhânu fî ‘ulûmi- l-qur'ân » de l'imâm Badr Ad-Din Mohammad b. 'Abd Allah Az-Zarkashî. Œuvre vérifiée par Abu-1-Fadl Ibrâhîm (1/449). Dar Ath-Thurât  au Caire.

[17] Coran, L, 37.

[18] Coran, XXXVI, 69-70.

[19] « al fawâ'id » d'Ibn Al-Qayyim, p. 3.

[20] « zâd al-ma'âd fi hadyi khayri-l-'ibâd » de l'imam Shams Ad-Din Ibn A1-Qayyim Al-Jawziyya. Œuvre vérifiée par Shu'ayb Al-Arnâ’ût et 'Abd Al-Qâdir Al-Arnâ’ût (1/338) Mu'assasat Ar-Risâla à Beyrouth.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents